Hier, 25 juin 2026, Samyang (LK Samyang pour les puristes) a officialisé l'AF 60-180mm f/2.8 FE, développé main dans la main avec Schneider-Kreuznach. C'est le troisième zoom d'une série pensée comme une alternative compacte et abordable à la sainte trinité Sony GM. À mon avis, c'est l'annonce la plus intéressante du mois pour quiconque tourne sur monture Sony E en plein format — et notamment pour les usages B2B où le poids du sac compte autant que les specs.
Ce que Samyang annonce, en clair
L'AF 60-180mm f/2.8 FE coche les cases qu'on attendait. Ouverture constante f/2.8 sur toute la plage, 730 grammes sur la balance, 149 mm de long au plus court, 174,4 mm en position téléobjectif. Filetage 77 mm, distance minimale de mise au point à 35 cm. Construction optique 22 éléments en 17 groupes (les premières fiches mentionnaient 17 en 14, mais les specs définitives donnent 22/17), neuf lamelles de diaphragme, joints d'étanchéité sur tout le barillet et à la baïonnette. Port USB-C pour les mises à jour firmware, bouton de blocage du zoom, switch AF/MF, bouton focus-hold programmable. Tarif annoncé : 999 € TTC. Disponibilité immédiate via les distributeurs autorisés.
Sur le papier, la promesse est limpide. Là où Sony propose le FE 70-200mm f/2.8 GM OSS II à 1 045 g et autour de 2 999 € chez les revendeurs sérieux comme

Sony FE 70-200mm f/2.8 GM II
Téléobjectif pro Sony E plein format, 4 moteurs XD linéaires, 1045 g, ouverture constante f/2.8 et bokeh 11 lamelles.
La trinité compacte, enfin complète
Pour comprendre l'intérêt du 60-180mm, il faut le replacer dans la série. Samyang et Schneider-Kreuznach ont sorti l'AF 14-24mm f/2.8 FE (445 g) puis l'AF 24-60mm f/2.8 FE (494 g) sur les mois précédents. Avec le 60-180 qui s'ajoute, on couvre désormais 14 mm à 180 mm en trois objectifs, tous à f/2.8 constant, pour un poids total d'environ 1,67 kg. À titre de comparaison, la trinité Sony GM II (16-35 + 24-70 + 70-200) tape environ 2,55 kg pour près de 8 000 € au tarif distributeur.
Le 24-60mm, qu'on trouve chez
60-180 au lieu de 70-200 : compromis ou choix malin ?
C'est la question que je me pose depuis que les premières spécifications ont fuité. Perdre 20 mm en bout de zoom, est-ce gênant ? À mon avis, ça dépend totalement de l'usage. Pour du portrait corporate en intérieur d'entreprise ou en studio, 180 mm suffisent largement — c'est même souvent trop long dans un open space où on travaille à 3-4 mètres du sujet. Pour de l'événement professionnel en salle de conférence, idem : 180 mm couvrent tous les besoins sauf rares cas de stade ou de tribune lointaine. Pour du reportage entreprise en extérieur, la perte commence à se sentir si on doit shooter une scène à distance, mais reste gérable.
Le démarrage à 60 mm plutôt que 70 mm est, lui, plutôt un avantage. Sur la plage portrait 60-100 mm, on récupère un peu de souplesse de cadrage et on évite parfois de devoir changer pour le 24-60. En B2B sur un reportage entreprise classique, cette zone 60-85 mm est très utilisée pour les portraits environnementaux et les détails métier. Cinq millimètres en plus à l'entrée, c'est plus utile qu'on ne le pense.
Le poids, vraie révolution silencieuse
730 grammes pour un télézoom f/2.8 constant en plein format, il faut le redire : c'est inédit. Les concurrents directs tournent tous au-dessus du kilo. Tamron 70-180mm f/2.8 Di III VC G2 : 855 g. Sigma 70-200mm f/2.8 DG DN OS Sports : 1 335 g. Sony FE 70-200mm f/2.8 GM OSS II : 1 045 g. Le Samyang est 100 à 600 g sous ses rivaux selon la comparaison choisie.
Pour la photo corporate ou immobilier où on enchaîne les déplacements dans un site industriel ou un bâtiment, la différence se ressent dès la deuxième heure. Un trépied carbone léger ne souffre plus, le sac à dos est moins agressif sur les épaules, et le couple boîtier+objectif reste maniable à main levée. C'est aussi un argument décisif pour les photographes qui voyagent en train ou en avion régulièrement : 300 g de moins par objectif, ça fait 1 kg sur une trinité complète. Un poids qu'on peut réallouer à un deuxième boîtier ou à de l'éclairage portable comme

Godox AD200 Pro
Flash strobe portable 200Ws. Tête interchangeable (cobra ou ampoule), TTL universel toutes marques.
Ce qui me chiffonne quand même
Soyons honnêtes : à 999 €, il y a forcément des compromis. Samyang n'a pas inventé la magie. Trois points méritent attention en attendant les tests indépendants.
D'abord, l'absence (annoncée) de stabilisation optique. Samyang mise sur le fait que tous les boîtiers Sony récents intègrent une stabilisation capteur (IBIS) efficace. C'est vrai sur un A7 IV, un A7R V ou un A1 II. Mais en synergie OSS+IBIS, les Sony GM gagnent encore un à deux stops. Pour de la photo statique, ce n'est pas critique. Pour de la vidéo à main levée ou pour shooter à 1/30s en lumière ambiante, le GM garde un avantage.
Ensuite, l'autofocus. Samyang a beaucoup progressé sur ses derniers AF (le 14-24 et le 24-60 sont tous deux jugés performants par la presse), mais on parle ici d'un téléobjectif où la moindre erreur de mise au point est catastrophique. Le suivi en rafale, la précision sur sujet rapide, la communication avec les algorithmes Eye AF dernière génération — c'est là que la différence se fera face aux GM. Les premiers tests sortiront en juillet, à surveiller de près.
Enfin, la qualité optique. Schneider-Kreuznach apporte du sérieux à la conception (c'est une vraie collaboration optique, pas un coup marketing), mais un télézoom 60-180mm à 999 € ne peut pas rivaliser sur tous les critères avec un objectif trois fois plus cher. Le piqué dans les coins à pleine ouverture, la résistance au flare en contre-jour, la qualité du bokeh — autant de paramètres où le GM a structurellement plus de marge. La question n'est pas "est-ce aussi bon que le GM", elle est "est-ce assez bon pour mon usage".
Pour qui ce 60-180mm fait sens ?
À mon avis, le profil cible est assez clair. Photographe en début de carrière qui veut une trinité f/2.8 sans se ruiner : évidence. Le ticket d'entrée 14-180mm à f/2.8 tombe sous les 3 000 €, là où la trinité Sony GM dépasse 7 500 €. C'est presque un facteur 3.
Photographe en complément d'un boîtier secondaire, pour les déplacements ou les missions où le poids est critique : excellent choix. On garde un GM sur le boîtier principal pour le portrait critique, et on emmène le Samyang sur le deuxième boîtier pour la souplesse.
Pour la photo corporate, événement pro ou reportage entreprise, la combinaison du 24-60 et du 60-180 couvre 90 % des situations réelles. À 1 000 g cumulés, c'est plus léger qu'un seul Sony 70-200 GM II. Et on a en prime la souplesse de la plage 24-60 dans le sac, ce qui change la donne pour le reportage rapide.
Photographe qui shoote du sport, de l'animalier ou du concert en basse lumière exigeante : pas la cible. Ces usages réclament le rendu, la stabilisation et l'AF des GM. C'est un autre métier, et donc un autre budget.
Disponibilité et stratégie d'achat
L'objectif est annoncé disponible immédiatement chez les distributeurs autorisés. Sur le marché français, il faudra surveiller les premières livraisons en juillet — Samyang a tendance à étaler les arrivées sur quelques semaines selon les pays. Le tarif officiel de 999 € TTC devrait être respecté à court terme ; les remises significatives n'arriveront probablement pas avant la fin d'année.
Mon conseil si vous hésitez : attendre les tests indépendants sur le piqué et l'AF (DPReview, Phillipreeve, Christopher Frost devraient publier en juillet-août), puis comparer en main sur un boîtier équivalent au vôtre. Sur ce type de produit, la cohérence ergonomique avec le reste du sac est aussi importante que les chiffres MTF. Le bouton focus-hold programmable et le switch AF/MF sont des bons signes — Samyang a fait l'effort sur l'ergonomie pro.
Une version L-mount est attendue dans les mois qui viennent, comme pour les autres lentilles de la gamme. Si vous êtes sur Panasonic ou Leica plein format, patience — ça arrive.
Mon avis
Samyang frappe fort. Cette trinité compacte n'a pas d'équivalent direct, et elle arrive à un moment où les photographes pros B2B cherchent à alléger leur sac sans renoncer à l'ouverture f/2.8. Le 60-180mm n'est pas un Sony 70-200 GM II, et il ne prétend pas l'être. C'est un autre produit, pensé pour un autre usage : la légèreté, le prix d'entrée raisonnable, la cohérence d'une gamme. Pour un photographe corporate ou événementiel qui shoote 80 % du temps à des focales intermédiaires, c'est sans doute le meilleur deal du moment sur monture Sony E. Pour la photo plus exigeante en AF et stabilisation, le GM garde sa place. Les deux peuvent cohabiter dans une stratégie de matériel intelligente — et c'est probablement la lecture la plus juste de cette annonce.
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